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Venise, suggestione letteraria nella cultura francese


O.Redon, Paesaggio di Venezia,

Le silence de Venise                           

L'aspect de Venise est plus étonnant qu'agréable: on  croit d'abord voir une ville submergée, et la réflexion est nécessaire pour admirer le génie des mortels qui ont conquis cette demeure sur les eaux. Naples est bâtie en amphithéâtre au bord de la mer; mais Venise étant sur un terrain tout-à-fait plat, les clochers ressemblent aux màts d'un vaisseau qui resterait immobile au milieu des ondes. Un sentiment de tristesse s'empare de l'imagination en entrant dans Venise. On prend congé de la végétation: on ne voit pas même une i mouche en ce séjour; tous les animaux en sont bannis; et l'homme seul est là pour lutter contre la mer.
Le silence est profond dans cette ville, dont les rues i so
nt des canaux, et le bruit des rames est l'unique interruption à ce silence; ce n'est pas la campagne, puisqu'on n'y voit pas un arbre; ce n'est pas la ville, puisqu'on n'y entend pas le moindre mouvement; ce n'est pas même un vaisseau, puisqu'on n'avance pas: c'est une demeure dont l'orage fait une prison.

Mme de Staël, Corìnne ou l'Italie (1807)

 Venise
 

Dans Venise la rouge.
Pas un bateau qui bouge.
Pas un pécheur dans l'e
au.
Pas un falot.

Seul. assis a la grève.
Le grand lion soulève,
Sur l'horizon serein.
Son pied d'airain,

Autour de lui, par groupes,
Navires et chaloupes,
Parei
ls à des hérons
Couchés en ronds,

Dorment sur l'eau qui fume,
Et croisent dans la brume.
En légers tourbillons,
Leurs pavillons.

La lune qui s'efface
Couvre son front qui passe
D'un nuag
e étoilé
Demi-voilé.

Ainsi. la dame abbesse
De. Sainte-Croix rabaisse
Sa cape aux vastes plis
Sur son surplis.

 

Et les palais antiques,
Et les graves portiques,
Et les blancs escaliers
Des chevaliers.

Et les ponts et les rues
Et I
es mornes statues.
Et le
golfe mouvant
Qui tremble au vent,

Tout se tait, fors les gardes
Aux longues hallebardes,
Qui veillent aux cr
éneaux
Des arsenaux.

- Ah! maintenant plus d'une Attend. au clair de lune,
Quelque jeune muguet.
L'oreille au guet.

Pour le bai qu'on prépare
Plus d'une qui se pare
Met devant son miroir
Le masque noir...

Et qui dans l'Italie
N'a son grain de folie?
Qui ne garde aux amours
Ses plus
beaux jours

1
P. Signac, La voile vert ( 1908 )

De Musset, Contes d'Espagne et d'Italie ( 1829 )

 

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